La présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025, s’annonce comme l’une des plus scrutées de l’histoire politique du pays. Avec 81 candidatures déposées auprès d’Elections Cameroun (Elecam), ce qui en fait un record absolu, on peut d’ores et déjà dire que l’opposition part à l’assaut de Paul BIYA, en ordre dispersé. Même si l’espoir d’un changement est palpable parmi l’écrasante majorité des Camerounais, la fragmentation de l’opposition obère toutefois son enthousiasme.
Parmi les figures majeures, Paul BIYA, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat sous la bannière du RDPC. Sa longévité alimente les critiques sur l’absence de transition démocratique et les soupçons de manipulation institutionnelle. Face à lui, Maurice KAMTO, ancien ministre et figure de l’opposition, se présente à nouveau, cette fois sous l’étiquette du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), après son départ du MRC.
Autre candidature notable : celle de Léon Theiller ONANA, conseiller municipal du RDPC, qui défie ouvertement la direction de son propre parti en déposant sa candidature, dénonçant l’absence de congrès depuis 2011 et appelant à un renouvellement des instances dirigeantes.
L’opposition camerounaise peine à s’unir… Malgré les appels à une candidature unique, chaque leader semble privilégier sa propre ambition, affaiblissant ainsi les chances de succès face au RDPC. Maurice KAMTO reste toutefois ouvert à une coalition, mais l’afflux de candidatures rend cette perspective incertaine.
Certains observateurs soupçonnent le RDPC (le parti de BIYA) de favoriser cette multiplication des candidatures pour diluer les voix de l’opposition et pour donc assurer la réélection de leur leader.
Le Conseil constitutionnel devra passer au peigne fin les 81 candidatures aux fins de valider celles répondant aux critères préétablis. Il y a cependant des observateurs qui s’interrogent sur la crédibilité du processus démocratique au Cameroun, ainsi que sur la capacité de l’opposition à s’unir autour d’un candidat assez charismatique pour sonner le glas de plus de 40 ans de règne, sans partage, de Paul BIYA.