…DES RÉPARATIONS HISTORIQUES.
Au Ghana, le président John Dramani Mahama a reçu une délégation internationale qui l’a encouragé à prendre la tête d’un mouvement africain réclamant des réparations pour les séquelles de l’esclavage transatlantique et du colonialisme. Cette initiative, longtemps discutée en marge des relations internationales, revient aujourd’hui au cœur des débats politiques sur le continent.
L’objectif est clair : mobiliser les pays africains afin d’exiger officiellement des excuses publiques et des compensations financières auprès des anciennes puissances coloniales et des nations ayant profité de l’esclavage. Les partisans de ce mouvement soulignent que les conséquences économiques, sociales et culturelles de ces périodes douloureuses perdurent encore aujourd’hui, impactant le développement de nombreux États africains.
Le Ghana, première nation d’Afrique subsaharienne à avoir obtenu son indépendance en 1957, est perçu comme un acteur symbolique et stratégique dans cette démarche. Sous la présidence de Kwame Nkrumah, le pays avait déjà pris des positions fortes sur la décolonisation et la souveraineté africaine.
Le président Mahama, connu pour son engagement panafricain, pourrait relancer cette cause en réunissant un sommet des dirigeants africains dédiés à ce sujet. Une telle initiative viserait aussi à renforcer la solidarité entre pays africains autour d’un enjeu commun, mais aussi à sensibiliser la communauté internationale à la nécessité d’une réparation juste et équitable.
Ce mouvement pourrait s’appuyer sur les précédents historiques, comme les excuses officielles de certains pays pour la traite négrière, et sur les débats récents concernant la restitution des biens culturels pillés durant la colonisation.
Toutefois, la route vers la reconnaissance et la réparation est semée d’embûches : opposition politique dans certains pays occidentaux, complexité des montants à réclamer, et questions sur la forme que ces réparations pourraient prendre (financières, symboliques, éducatives…).
Néanmoins, la montée en puissance de ce mouvement témoigne d’une volonté grandissante en Afrique de faire reconnaître l’injustice historique subie, et de bâtir un avenir fondé sur la justice et la reconnaissance mutuelle.